Page:Kotzebue - Supplement au theatre choisi.djvu/185

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.




Frédéric, avec la plus grande émotion.

Et celui… sur qui tantôt… ma main criminelle et tremblante…


Amélie.

Était mon père.


Frédéric, éperdu, se jetant sur la table.

Mon père ! grand Dieu !


Amélie.

Oh ! il me fait peur. Je m’enfuis… (Elle sort précipitamment).




Scène III.


FRÉDÉRIC, revenant peu-à-peu à lui.


Mon père ! Éternelle justice ! c’est donc ainsi, que d’une main invisible et toute puissante, tu conduis et diriges les pensées et les actions des faibles mortels ! Celui sur lequel j’ai osé porter une main téméraire, celui dont les jours allaient être la victime de ma fureur, de mon désespoir, était mon père ! un moment plus tard… et son fils… devenait son meurtrier. Oh ! comme mon sang se glace dans mes veines ! Je sens mes cheveux se dresser d’horreur sur ma tête ; mes yeux sont comme couverts d’un voile, tout est nuit autour de moi ; ma pensée erre d’objet en objet, et s’arrête enfin en frémissant sur l’image de mon père, expirant sous mes coups. Ô ma mère ! ma mère ! un instant de plus, et vous eussiez été cruellement vengée. (après un moment de silence) Mais ! cette jeune personne, cette aimable enfant serait donc ma sœur ?