Page:Kotzebue - Supplement au theatre choisi.djvu/194

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Alexandre marchait de pair avec les dieux ; et nous, nous marcherons de pair avec les Grâces.


Le Baron.

Toujours galant, M. le comte ? Allons, Amélie, la révérence au moins. (Amélie salue nonchalemment : le comte se baisse profondément.


Le Comte.

Pourvu, cependant, que cette femme ne soit pas attaquée de quelque maladie contagieuse ; en tout cas, j’aurai soin de me munir d’un flacon de vinaigre des quatre voleurs dont la vertu est unique. J’en ai toujours sur moi. Cela est on ne peut plus essentiel. Un homme du monde ne saurait marcher sans ce préservatif : à tout moment, on peut se trouver infecté de quelque odeur désagréable… ici même dans ce salon… (il tire son flacon et ne le quitte plus de la scène)

(Le baron s’assied : Amélie prend une chaise à côté de lui, et tire son ouvrage.)

Le Baron.

Dites-moi, je vous prie, M. le comte, avez-vous été long-temps en France ?


Le Comte.

Ah ! mon colonel, vous me percez l’âme par cette question. Long-temps ! Hélas, non ! On le dirait, n’est-il pas vrai ? Et sans mon barbare père, qui fort inhumainement me refusa mille louis que je lui avais cependant demandé fort honnêtement, j’y serais peut-être encore. Au reste j’ai su mettre à profit le peu de temps que j’y ai passé.