Page:Kotzebue - Supplement au theatre choisi.djvu/199

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Le Baron, la relevant.

Mon enfant ! qu’as-tu donc, ma chère fille ?


Amélie.

Vous êtes si bon : vous fûtes toujours pour votre Amélie un père si tendre : ce matin encore vous m’avez parlé avec tant de bonté ; vous vouliez, disiez-vous, me voir heureuse, parfaitement heureuse. Eh bien, il existe un moyen. Unissez-nous, M. Erman et moi, et vos désirs seront accomplis.


Le Baron.

À la fin je commence à t’entendre. Celui-là était un peu fort aussi ; et, je t’avoue, que je n’y étais point du tout. Tu n’es pas la première, mon enfant, à qui la lecture des romans a donné de pareilles lubies. Il faut souvent moins que cela, pour tourner de jeunes têtes et exalter l’imagination. Où est la jeune fille qui ne voulût ressembler à Julie ? Je doute, cependant, que notre ami Erman voulût être jamais le St.-Preux d’un pareil roman…


Amélie.

Vous êtes, et vous fûtes toujours son ami, son bienfaiteur. Il vous doit tout, et ce n’est qu’en faisant le bonheur de votre fille chérie, qu’il peut trouver les moyens de s’acquitter envers vous.


Le Baron.

Mon enfant ! je ne veux point traiter sérieusement avec toi cet article : tout autre que moi te mettrait sous les yeux une infinité de considé-