Page:Kotzebue - Supplement au theatre choisi.djvu/204

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et pour quelle raison, que peut-il avoir à me dire ?


Erman.

Je l’ignore ; quoiqu’il en soit, j’ai cru pouvoir lui accorder sa demande, et il attend vos ordres.


Le Baron.

Eh bien ! à la bonne heure. Faites-le entrer. En attendant, mes amis, ne vous éloignez pas. J’irai vous joindre dans un moment, et ne serai pas fâché de vous retrouver ensemble. Allez…

(Amélie et Erman sortent : celui-ci ouvre la porte à Frédéric qui entre lentement.)




Scène VIII.


LE BARON, FRÉDÉRIC.




Le Baron.

Avancez, mon ami, avancez ; ne craignez rien, vous êtes libre. En faveur du motif qui vous a fait agir, je veux bien vous pardonner ; mais, que ce qui vient d’arriver vous serve de leçon. Croyez-moi ; un honnête homme, quelque grande que soit sa misère, trouve toujours des ressources, sans employer les moyens vils et dangereux dont vous vous êtes servi. Vous êtes jeune : il est possible que vous n’ayez point senti les conséquences d’une action aussi horrible : soyez plus sage à l’avenir ; apprenez à vous défier de la vivacité de vos passions : tenez, voilà un louis. (Frédéric hésite de le prendre.) Prenez, retournez auprès de votre mère : j’ai eu soin d’elle en votre absence ;