Page:Kotzebue - Supplement au theatre choisi.djvu/205

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elle est mieux, et n’a d’autre désir que de revoir son fils. Continuez à être, comme vous l’avez été jusqu’à présent, son soutien et sa consolation. Vous fûtes toujours pour cette bonne mère un sujet de se réjouir : frémissez, en pensant au moment, où coupable de vol et d’assassinat, vous n’étiez plus à ses yeux qu’un objet d’horreur. Allez, mon garçon, allez ; conduisez-vous avec sagesse, j’aurai les yeux sur vous. Vous m’intéressez, oui, vous m’intéressez ; et si, à l’avenir, votre conduite répond à mon attente, je vous ferai du bien. Ma bourse, ma maison vous seront ouvertes. Adieu : le ciel soit avec vous.


Frédéric.

Vos procédés, monsieur, sont certainement au-dessus du commun. Vous joignez à la clémence la générosité : tout est beau, tout est grand dans votre façon d’agir. Vos conseils sont ceux d’un père, d’un ami. Ils m’ont vivement touché, et m’enhardissent à mettre en vous ma confiance entière. Vous êtes, ce qu’on appelle je crois communément dans le monde, un grand homme. Vous ne pouvez qu’être un homme juste. Eh bien, monsieur ! permettez-moi de réclamer de cette même justice, dont vous connaissez sans doute les lois, contre un père qui fit, jusqu’à ce jour, le malheur de son fils.


Le Baron.

D’un père, dites-vous ! vous avez un père ! je ne vous croyais qu’une mère : et quel est-il ?