Page:Kotzebue - Supplement au theatre choisi.djvu/211

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coupable cœur ma déjà nommé… Oui, je suis ton fils : l’infortunée Wilhelmine est ma mère.


Le Baron, tombant sur une chaise, dans le plus grand accablement.

Mon fils ! Wilhelmine !


Frédéric, dans le plus grand transport.

C’est elle qui donna naissance à l’être infortuné dont tu as fixé le sort et la destinée ; car ne crois pas qu’en me rendant la liberté, le premier bienfait que j’ai reçu de toi, j’oublie que je fus criminel et que je me dois à la justice. Va, ce n’est pas de toi que je veux la recevoir. Tu la refusas pendant vingt ans à l’infortunée victime de tes erreurs, plongée par tes injustices dans le plus affreux malheur, pour t’avoir trop aimé. Tu te la refusas à toi-même : que pourrai-je attendre de toi ! Dès ce moment, je cours me livrer au glaive du bourreau. Ton inhumanité m’a rendu criminel : eh bien ! je recevrai ma sentence. Plus juste en tout temps, que tu ne le fus, je saurai, en montant sur l’échafaud que tu m’auras préparé, bénir le moment qui va répandre un sang qui n’est plus pur, puisqu’il t’appartient.


Le Baron.

Arrête !… cruel !… arrête !… écoute !…


Frédéric.

Non : je n’écoute plus que la voix de mon désespoir… Il m’entraîne. De ce pas je cours chercher ma mère : je la traîne avec moi au lieu de mon supplice : elle y entendra ma sentence, et