Page:Kotzebue - Supplement au theatre choisi.djvu/220

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et à Dieu ; car elle parle toujours de lui… Çà fait, voyez-vous, que nous nous sommes trouvés d’abord en pays de connaissance.


Erman.

Ne s’est-elle point nommée ?


Brigite.

Nommée !… non… et à dire vrai, je n’avons pas pensé à lui demander son nom. J’avons lu celui qu’elle portait sur sa figure… pauvreté et misère ; et cela nous a suffi.


Erman.

Vous avez raison : il n’en faut pas davantage.

(s’approchant de Wilhelmine qui est restée toujours dans la même situation.)

Ma bonne femme… vous paraissez bien incommodée ?… Peut-on, sans indiscrétion, vous demander qui vous êtes ?


Wilhelmine, levant les yeux.

Qui je suis !… Ah monsieur ! (regardant autour d’elle) si je pouvais !… si nous étions seuls !


Erman.

Suffit : je vous entends. (à Lucas et Brigite) Mes amis, voudriez-vous bien me laisser entretenir cette femme un moment, en particulier ?


Lucas.

Volontiers… oui… oui… M. le pasteur a raison. Parie qu’il va savoir d’abord comment s’appelle son nom : car enfin faut bien qu’elle en ait un, et qu’elle le dise dà… Allons, Brigite… allons nous-en : laissons les dégoiser ensemble, tant qu’ils voudront. (Ils sortent.)