Page:Kotzebue - Supplement au theatre choisi.djvu/226

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pas encore, des secours, faute desquels sa mère périssait.


Wilhelmine.

Mon fils !… à son père ! … Ô Dieu !… Et se connaissaient-ils ?


Erman.

Ils se connaissent maintenant. Je les ai laissés dans les bras l’un de l’autre, et suis venu en toute diligence… non vers une pauvre femme malade, étrangère… mais vers Wilhelmine… vers la tendre la noble Wilhelmine, non de mon seul mouvement, mais envoyé par celui qui fut toujours l’idole de son cœur, et qui brûle de vous rendre le sien.


Wilhelmine.

De son cœur ! Il ose me parler de son cœur ! Ai-je donc oublié tout ce que le mien a souffert ? Ai-je donc oublié toutes mes peines, tout ce qu’il m’en a coûté, et ce qu’il m’en coûte encore pour en effacer le sentiment qui lui donnait la vie, le seul qui me fit chérir mon existence ? A-t-il pu oublier… je ne dis point l’amour, mais au moins la justice qu’il me devait ? Eh bien ! qu’il la rende à son fils, cette justice… je transmets tous mes droits sur un objet si cher ; qu’il fasse son bonheur ; et ma reconnaissance, à jamais assurée, est un tribut… mais c’est le seul que je veuille bien encore avoir à lui offrir.


Erman.

Vous lui devez davantage ; et quand les vérita-