Page:Kotzebue - Supplement au theatre choisi.djvu/23

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aucun doute sur la cause qui a poussé Sand à cet assassinat. Après la mort de Kotzebue, on a trouvé sur la poitrine de Sand un ruban vert, sur lequel était écrit : « Je me dévoue à la mort ! Ne suis-je pas de sang-froid ? Aurais-je passé le Rhin pour m’en retourner sans victoire ? ».

Dans ses momens les plus tranquilles, il est dans l’habitude de demander la bible, et parle sans cesse de religion ; il lit également, parfois, les Œuvres de Schiller et de Korner. L’envie de le voir est devenue si grande, qu’on a été obligé de le placer dans l’endroit le plus retiré de l’hôpital. Il est toujours servi avec la plus vive sollicitude.

Par suite d’un ordre du grand duc de Bade au ministre de la justice, une commission spéciale a été nommée sous l’autorité du chancelier de cour, le baron Hokkenhurt, pour faire continuer tous les soins de la médecine ; en conséquence on a fait venir M. Chevins, de Heidelberg, réputé pour le meilleur docteur, et dont l’avis était de faire une opération qu’il jugeait nécessaire pour prolonger la vie du malade. Sand, non-seulement s’est refusé à toute mesure de ce genre, mais a résisté obstinément de tous ses efforts. Le capitaine avec lequel il servit en 1815, a écrit la lettre suivante : « J’ai eu des occasions fréquentes d’observer ce jeune homme, et de jour en jour mon estime augmentait pour sa conduite, ses manières, son amour enthousiaste pour la vérité ; il était modeste et doux, surtout libre de toute