Page:Kotzebue - Supplement au theatre choisi.djvu/230

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travers de sa naissante clarté, il vous fait appercevoir le prix réservé à vos vertus. Venez le recevoir de celui qui vous le doit ; rappelLez vos forces, votre courage : rappelLez-vous à vous-même, et jugez de ce qu’une conduite aussi soutenue que la vôtre est en droit d’attendre ; allons… charmante Wilhelmine, consentez à venir avec moi : j’ai tout prévu, ma voiture vous attend ; partons…


Wilhelmine.

Qu’osez-vous me proposer ? Quoi !… j’irais… je pourrais !… Ah ! monsieur, jetez les yeux sur moi. Voyez ces haillons, cette empreinte de misère : tout en moi peint le malheur et l’infortune ; et j’irais, dans cet état !… je présenterais le tableau de mes maux aux yeux de leur auteur ! Le premier coup-d’œil qu’il jeterait sur moi, porterait dans son âme la honte et le reproche. Ah ! je fus accoutumée à y produire des sentimens plus doux. Cet heureux temps n’est plus. Il n’y faut plus penser.


Erman.

Cœur noble ! âme vraiment généreuse ! sentiment au-dessus du malheur ! Non, vous ne priverez point mon ami d’un trésor aussi précieux pour lui : vous recevrez de sa main un fils sur lequel vos droits vont être communs. Pensez qu’un même intérêt vous anime : pensez à cet objet chéri, qui va devenir celui de votre mutuelle tendresse, pensez…