Page:Kotzebue - Supplement au theatre choisi.djvu/234

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Lucas.

Que dit le cœur ?


Brigite.

Il dit qu’il est bien content d’avoir fait ce qu’il a dû faire.


Lucas.

C’est bien dit, morgué… Touche-là, et soyons toujours honnêtes gens. C’est la vraie richesse.




Scène VII.

Le Théâtre change, et représente le salon du château comme au second acte.


LE BARON, FRÉDÉRIC.



Le Baron.

Que les momens que je passe avec toi, mon cher Frédéric, coulent rapidement ! Qu’ils sont doux à mon cœur ! Je ne puis me rassasier du plaisir de t’entendre. Tu fus élevé à l’école de l’adversité et du malheur, et tu ne peux assez chérir un pareil avantage. Le ciel a tout dirigé pour notre bonheur commun. Il me rend en ta personne un fils digne d’appartenir au sang dont tu sors ; digne de porter un nom, devenu fameux par une foule d’ancêtres qui l’ont illustré, dont l’éclat n’a jamais été altéré. Dès ce moment, ce nom si grand, si beau, va devenir le tien. Conserves-en soigneusement la gloire. L’état militaire pour lequel tu penches, t’en ouvre le chemin. La carrière où tu vas entrer, est celle de l’honneur : d’avance, je jouis de tes succès. Mon imagination