Page:Kotzebue - Supplement au theatre choisi.djvu/244

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portée, je le vois bien, et je ne m’arrêterai point à le résoudre ; ainsi sans entrer la-dessus, vis-à-vis de vous, dans des explications superflues, je vous dirai simplement…


Le Comte.

Ah ! j’entends, j’entends, j’y suis ; je sais ce que c’est : on est jeune, une fois ; on a le cœur tendre… on s’oublie… on fait une folie. Oh ! qui n’en fait pas ? Moi, qui vous parle ? j’en ai fait comme un autre. Cela arrive à tout le monde : il n’y a pas de mal à çà… pas de mal. Un petit voyage en France vous guérit de tous les petits scrupules qu’on pourrait avoir à cet égard-là : et dites-moi, je vous prie, M. le baron, la mère de cet illustre héritier était-elle jolie ? Là, passable ? Et son nom ? Car quelquefois ces créatures ont des noms…


Le Baron.

Celle qu’il vous plaît de nommer créature, je l’épouse. Ce nom dont vous êtes si curieux, je l’associe au mien, et crois ne pouvoir lui donner un plus beau relief.


Le Comte.

Mais, vous badinez, mon colonel ; vous badinez. La plaisanterie est par trop forte aussi. Il se répand ici une odeur de mésalliance, qui, si vous n’y prenez garde, va empester ce délicieux séjour. Vraiment je ne sais plus que penser de tous ces propos-là : je m’y perds. Vous avez retrouvé un fils ; dites-vous ; jusques-là, il n’y a rien à dire. Un