Page:Kotzebue - Supplement au theatre choisi.djvu/246

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tous vos flacons ne s’épuisassent et ce serait dommage… Le temps est beau, le soleil demain sera brûlant ; rien de plus favorable dans cette saison aux voyageurs, que le clair de lune. Il en fera un ce soir… oh ! délicieux. Si j’avais un conseil à vous donner…


Le Comte.

Je…… je vous entends, mon colonel… J’en profiterai. D’ailleurs, je ne suis pas venu ici pour vivre en société avec des voleurs de grand-chemins : mais, que personne ne se dérange : point d’attention à moi, je vous prie ; à la française… à la française… je m’en irai tout doucement… C’est ainsi qu’en partant je vous fais mes adieux !

(Il sort en frédonnant.)



Scène X et Dernière.


LE BARON, AMÉLIE, M. ERMAN.




Le Baron.

Nous en voilà débarrassés… Viens, mon Amélie, viens dans les bras de ton père ; viens recevoir la première effusion d’un cœur, qui dès ce moment seulement commence à goûter le bonheur. Tu l’as vu souvent, ardent à le chercher, sans pouvoir l’atteindre, prêt à succomber sous les efforts d’une vaine poursuite ; c’est que les remords dont il était assiégé, en barraient le passage et l’empêchaient de le saisir. Rappelles-toi ces momens, où, l’air sombre, l’œil humide, le regard fixé en terre, ta présence même m’était