Page:L'envers de la Guerre - Tome 1 - 1914-1916.djvu/30

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volontaire d’un pont va affamer la ville : « Je m’en fous », dit le militaire.

— 26 octobre. L’équilibre européen existait si bien entre les nations qu’il subsiste entre leurs armées.

— On me raconte le sombre départ de Poincaré pour Bordeaux à la gare d’Auteuil, le président se heurtant aux chariots à bagages, la femme accompagnée de sa femme de chambre, l’une prise pour l’autre par quelques rares officiels…

— Deux ouvriers causent des malheurs de la guerre. Et, avec l’inexprimable accent bordelais : « Ce n’est pas lâcheté, mais on a quelque chose qui pèse sur l’estomaque. »

— De Tristan Bernard. On dit « prononcer » une attaque. On devrait dire souvent « balbutier » une attaque.

— Du même : deux hommes jouent un grand rôle dans la guerre. Pourtant l’un a dépassé de 40 ans la limite d’âge et l’autre aurait été réformé par tous les conseils de révision : François-Joseph et Guillaume II.

— Ah ! cette faiblesse humaine de se rejeter les uns sur les autres les responsabilités, aux heures mauvaises. Voilà que l’on traite Joffre de vieil officier d’Afrique, roublard, assurant l’avenir, son avenir (29 octobre).

— C’est en apprenant par le communiqué une attaque au sud d’une ville qu’on apprend la perte de la ville. C’est un tour d’esprit singulier, qui porte une marque invariable.

— On me lit une lettre d’une mère qui a perdu ses quatre fils. Et il y a trois mois de guerre.

— Deuxième lettre du fils Guillaumet, de Nuremberg. Resté vingt-quatre heures à l’abandon,