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LES TROIS COCUS

— Oui, il y a quelques mots par ci par là qui ressemblent au français… mais tous ne son ! pas comme ça…

— Voici l’heure, dis-je, que nous faou, où l’enfant, goba deis mouscos, est né sur la mousse… Vous comprenez, sur ta mousse, c’est sur la paille (Je l’étable… puisque ces ! un cantique pour Noël…

— En effet, la poésie polonaise a du pittoresque…

Compagnouns, compagnons, encore un mot facile… Ceci s’adresse aux bergers… Vaqui leis tavans, voici l’Éternel…

— C’est très beau…

Rantanplan… Ça, c’est de tous les pays… Rantanplant… Coumparen… ceci s’adresse aux rois mages… Coumparen, cela veut dire : monarques… ouno ballo, une étoile… d’estoupo, s’est levée… Ouno barriquo, elle brille… de guintran, au firmament…

Scholastique et Irlande avaient les tannes aux yeux, tant elles étaient émerveillées. Philéas s’épongeait de plus en plus le front.

Il reprit :

Adieou, ô mon Dieu… paouro, protège… Natou, le monde… as lou nas, donne-nous… coumo ouno une commune… banasto, bénédiction… Adieou, ô mon Dieu… paouro Vincen, protège les humains… as mangea, ils ont mangé… la coustantello, la pomme d’Ève… Un ! dous ! très ! une, deux, trois fois… Zébédé !

Zébédé ?

— Ce mot-là est difficile à traduire… Ce polonais a, comme cela, des mots de trois syllabes qui disent beaucoup de choses… Zébédé, Seigneur, viens nous racheter !…

Irlande et Scholastique tombèrent à genoux, et chantèrent en levant les mains au ciel :

Un ! dous ! très !
Zebédé !