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LA VIE ORAGEUSE DE CLEMENCEAU

Je n’ai qu’un sentiment dans mon cœur, l’immense joie de toute la patrie retrouvée (vifs applaudissements) et la gratitude à nos grands soldats, à leurs grands chefs, à nos nobles alliés. (Vifs applaudissements.)

La bataille continue. M. le Président vous a dit : Ostende, Douai, Lille, Bruges. Au moment où j’entrais en séance, je recevais la dépêche qui m’annonçait que Tourcoing et Roubaix sont délivrées. (MM. les députés se lèvent. Applaudissements unanimes et prolongés.)

Avec la victoire, l’espérance, la plus grande espérance ouvre ses ailes. Notre devoir à nous ici est de faire que cette espérance, pour laquelle le meilleur sang français fut versé, devienne par notre Gouvernement, par notre Parlement, par le peuple français, une réalité. (Applaudissements.)

Nous avons combattu, nous combattrons encore pour notre droit ; nous voulons notre droit tout entier, avec les garanties nécessaires contre les retours offensifs de la barbarie. (Vifs applaudissements.)

De ce droit, nous n’entendons pas faire, à notre tour, une revanche d’agressions sur les agressions qui ont ensanglanté le monde. (Applaudissements prolongés.) :

C’est toute la liberté, tout le droit du monde moderne qui vient, en la personne de nos soldats, d’abattre toutes les puissances de la tyrannie du passé. (Vifs applaudissements.)

Ce que nous ferons de la plénitude de notre droit reconquis, un seul mot peut le dire. La continuation de notre grande histoire toute d’affranchissement, toute d’esprit humanitaire d’abord, la pleine reconstitution de nos forces nationales dans tous les domaines de la vie française et puis la succession de généreux