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CHAPITRE  III
le dérèglement des personimages

Diverses influences, venues du dehors sous forme de poisons, ou dérivant de l’instinct génésique (qui semble être, en nous, une inclusion élémentaire et plastique du feu, comme le sang une inclusion élémentaire de l’eau), dérèglent, au dedans de nous, les personimages.

Les poisons, dont le plus et le mieux connu est l’opium, sous toutes ses formes, commencent en général par activer et faire foisonner ces figures intérieures. C’est la période euphorique, où l’euphorie et la sensation de vigueur intellectuelle tiennent précisément à la multiplicité des évocations héréditaires. Le concours empressé des auxiliaires intérieurs fait que tout travail nous semble facile, et comme accompli, pour nous, par un hôte ou plusieurs hôtes mystérieux. Mais, assez rapidement, l’état euphorique cède à son contraire, à la mélancolie, à la fatigue cérébrale, à l’angoisse, au tœdium