Page:L’Étourdi, 1784.djvu/37

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L’ÉTOURDI.

Midi ſonne, je m’arme de courage & d’effronterie ; l’amour & le malheur donnent, à ce qu’on dit, de l’éloquence & de la hardieſſe ; je me préſente donc hardiment chez Madame de Larba. On m’annonce ; elle conſent à me recevoir, quoiqu’elle fût à ſa toilette, & dans un déshabillé où la décence ne préſidait point.

Je me rends à vos ordres, Madame, lui dis-je, en filant un ſoupir, & en dévorant des yeux quelques attraits qui étaient à découvert ; que voulez-vous dire me demanda vivement Madame de Larba toute étonnée de me voir & de m’entendre tenir un tel propos ? Expliquez-vous, Monſieur ; vous vous annoncez chez moi ſous le nom d’un de mes parens, Officier dans votre Corps ; que ſignifie cette ruſe & cette audace ? Ce n’eſt ni ruſe ni audace, repliquai-je en baiſſant les yeux, & un peu déconcerté ; je n’ai emprunté le nom de perſonne, c’eſt le mien qu’on vous a dit, ou on l’aura mal prononcé, pu je ſuis aſſez heureux pour qu’il ſoit le même de celui de votre parent,