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L’ŒUVRE DE P.-CORNEILLE BLESSEBOIS


   Souvent Tircis et Célimène,
Après avoir longtemps, sous le poids de leurs fers
  Et la constance de leurs chaînes,
   Souffert des martyres divers,
   Y mettent l’honneur à l’envers
   Et la modestie à la gêne.


« Il y avait donc près d’une heure que nous nous y promenions, Marcelle et moi, quand nous allâmes nous asseoir dans un endroit retiré, afin de nous reposer un peu. À peine y fûmes-nous assises que, par une égale démangeaison de parler, nous nous confiâmes les douceurs que nous avions reçues de votre abondance, et nous songions déjà à diviser votre cœur en deux parties, lorsque nous fûmes interrompues par l’abord de deux personnes qui se vinrent mettre en même posture que nous, à quelques pas de l’endroit où nous étions. Elles restèrent un moment sans parler ; ensuite de quoi, celle des deux qu’à la faveur de la pleine lune je reconnus pour la plus jeune et pour la beauté que je vis hier chez vous : « Ah ! Hïante, s’écria-t-elle, quelque sujet que j’aie d’être contente, il faut que je t’avoue mon chagrin et mon inquiétude. Je me croyais dans les bras de mon aimable Céladon, et par un malheur qui me désespère, tu en recevais la divine pluie, lorsqu’un Rocher, plus tendre à la vérité que les autres rochers, mais non pas moins pesant, m’écrasait d’une étrange manière sous la masse de sa vieille peau.