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L’ŒUVRE DE P.-CORNEILLE BLESSEBOIS


ce matin. Il serait plus vaillant que Saucourt[1] s’il en avait agi avec toi d’une autre manière. Je veux même cesser de lui savoir mauvais gré de sa tromperie, et je connais par cette subtilité, qui ne m’est rien moins que désavantageuse, qu’il aime mieux ma satisfaction que ses intérêts propres. Il n’a pas voulu m’affronter ni m’exposer aux faiblesses d’une impuissance émanée de l’excès de sa vigueur. Une seule chose me donne de l’admiration en cette aventure, c’est que je ne saurais comprendre par quels ressorts nouveaux d’un instrument qui devrait être usé depuis le temps qu’il sert, le bonhomme Rocher a pu si généreusement fournir aux approches dont nous nous sommes mêlés, et de quels charmes il s’est servi pour m’empêcher de connaître la piperie qu’il me faisait. Il me semble qu’il avait un mouvement aussi alerte que celui d’un amant qui travaille à son chef-d’œuvre, et son dernier assaut a été plus violent encore que ses premières attaques. » Hïante ouvrait déjà la bouche pour lui répartir, mais quelques fâcheux qui passèrent par là l’obligèrent à la refermer et nous divertirent d’en entendre davantage. »

Céladon et Poquet prirent un merveilleux plaisir à ce récit et achevèrent d’instruire Amarante et Marcelle de ce qu’elles ignoraient de l’aventure ; ensuite de quoi

  1. Charles-Maximilien-Antoine de Bellefourière, marquis de Soyecourt, célèbre au XVIIe siècle par ses prouesses amoureuses.