Page:L’Œuvre de P.-C. Blessebois, 1921.djvu/110

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

96
L’ŒUVRE DE P.-CORNEILLE BLESSEBOIS


accolades. Poquet, qui n’était pas sot, jeta Marille sur le sien et chercha pendant quelque quart d’heure son pucelage sans le trouver, combien qu’elle jurât par sa foi que c’était là son premier coup et que rien ne lui avait encore soufflé au cul que le vent.

Le Rocher se disposait à fringuer avec Hïante ; il lui leva le cotillon et empoigna hardiment son histoire, mais il fut assez embarrassé, lorsqu’ayant voulu prendre un divertissement plus entier, il ne trouva point de place pour étendre sa maîtresse. Il n’y avait que deux lits dans la chambre, et Céladon et Poquet les occupaient. Ainsi, après avoir quelques moments promené sa proie, comme un loup qui mène une chèvre par sa barbe, ils se plantèrent sur les carreaux et culetèrent à la façon des pauvres gens. Mais Le Rocher était si prodigieusement gros qu’il avait toutes les peines du monde à mettre le Grand Turc dans Constantinople, et d’ailleurs Hïante recélait un poupon dans ses flancs, de manière que le donjon de son ventre était fort élevé et n’apportait pas un petit obstacle au mouvement de leur traquenard. Je crois qu’il faisait beau voir Le Rocher piquer en vieux Gaulois cette haquenée qui s’usait le croupion contre le pavé. Mais les allures de Hïante étaient trop vives ; c’est pourquoi elle désarçonna cinq ou six fois son chevaucheur et l’essouffla de telle manière qu’il fut nécessité de demander quartier. Elle fut sensiblement outragée à la connaissance de sa faiblesse et vomit des injures