Page:L’Œuvre de P.-C. Blessebois, 1921.djvu/113

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LE RUT OU LA PUDEUR ÉTEINTE

Après que Poquet et Le Rocher en eurent fait la lecture, l’émulation leur mit aussi la plume à la main ; ce dernier eut le plus tôt fait et laissa voir ce


Sonnet.

Je ne savais pourquoi mon v.., plein de colère,
Entrant la tête haute en un endroit si noir,
En bonne intention d’un généreux devoir,
En ressortait si flasque, impuissant à rien faire.

J’implorais vainement Cupidon et sa mère ;
Immobile et confus, sans force et sans pouvoir,
J’étais comme un perclus qui ne se peut mouvoir,
Et ma marche semblait celle du dromadaire.

Mais je suis bien instruit du sujet à présent ;
Ce n’est pas sans raison que mon v… était lent :
Il faisait un voyage où la paresse est bonne.

Par l’ordre de l’Amour, qui gouverne mon sort
Et dont la volonté plus que jamais m’étonne,
Cet aveugle ministre allait quérir la Mort.


Le Rocher admira longtemps cette production de sa muse qui avait aussi bien avorté que dame Hïante ; ensuite de cela, Poquet se fit voir aussi bon poète que les deux autres et lut lui-même ce


Sonnet.

Pendant que le vautour dont parle Céladon,
Et qu’il appelle lourd pour le bien de sa rime,