Page:L’Œuvre de P.-C. Blessebois, 1921.djvu/127

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À MADEMOISELLE DE SCAY




Mademoiselle,


En quelque lieu du monde que vous soyez, au bordel, aux Madelonnettes ou à l’Hôpital, cette dernière partie de votre Rut, qui doit courir tout l’univers sur les ailes de la bonne opinion que j’en ai, ne saurait manquer de tomber sous vos pattes. Elle ne vous apprendra rien de nouveau, mais elle vous fera connaître que si j’en savais davantage, je ne vous aurais pas fait l’injure de le passer sous silence. Vous êtes de l’humeur de ces vieux guerriers qui sont charmés au récit qu’un auteur leur fait des anciennes prouesses dont ils ont immortalisé leur nom, et vous n’avez jamais de plus parfaite joie que lorsque l’on réveille en vous le souvenir de vos extrêmes débauches, dont le nombre innombrable ne saurait trouver de place dans une seule caboche. L’on ne saurait si bien dépeindre votre effronterie que vous n’y trouviez toujours quelque chose d’oublié. Si l’on vous disait, par exemple, que la première fois que le marquis de Courcelles vous chevaucha, il le fit cinq fois, vous ne man-

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