Page:L’Œuvre de P.-C. Blessebois, 1921.djvu/133

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

119
LE RUT OU LA PUDEUR ÉTEINTE


sont légers ! Ma foi ! je lui en ferai bien des reproches par le courrier.

— Voilà, lui dit Poquet, une lettre qu’il m’a donné charge de vous rendre ; peut-être y trouverez-vous de quoi vous consoler.

— Voyons, répartit-elle, ce que nous apprendra cet

Adieu de Céladon à Dorimène

            Je ne saurais vous aller dire
            Le bien que mon cœur vous désire,
            Ni l’adieu de remercîment :
            Je n’ai pas un petit moment,
      Tant est cruel le destin qui m’inspire
            Et qui m’ôte du monument
            Que mon amour voudrait élire
            Pour vous voir éternellement.
            Vous m’allez appeler barbare,
            Dans l’excès de votre dépit,
            Mais quand Poquet vous aura dit
La cruelle raison qui de vous me sépare,
      Vous me plaindrez, mon adorable phare,
            Sans me juger indigne du crédit
            Qu’eut chez vous mon fidèle v…
            Au reste, je vous recommande
            Le triste et l’affligé Poquet ;
            Jouez souvent au bilboquet
      Et grossissez tous les jours votre bande.
N’allez pas sottement, l’un de l’autre jaloux,
            À l’exemple de quelques fous,
Vous piquer de constance où le change a des charmes ;