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L’ŒUVRE DE P.-CORNEILLE BLESSEBOIS


Sur maints objets divers laissez faire vos armes ;
      Mais en faveur de notre liaison,
            Que ce soit toujours en prison
            Où vous bandiez comme des carmes.


Elle ne trouva pas, toute la satisfaction possible dans ce billet, mais comme le mal était sans remède, elle s’en consola le plus aisément qu’elle put. Je la laisserai avec Poquet jouer à pet-en-gueule, afin de parler de Céladon et d’Amarante.

Le beau prisonnier était monté sur un cheval de louage et galopait sur le chemin d’Alençon à Séez, lorsqu’il entendit une voix qui lui cria : « Arrête, Céladon, et dispose-toi à disputer ta vie contre un ennemi qui n’a pas de petites entreprises sur elle. » En disant cela, l’assaillant porta la bride de son cheval à ses dents, et prenant ses pistolets des deux mains les tira tous les deux sur Céladon ; mais comme ils n’étaient pas seulement amorcés, ils prirent rat, et le beau prisonnier, qui reconnaissait Amarante malgré son déguisement, mettant la main aux siens : « Qui que tu sois, lui dit-il en dissimulant, tu n’es guère avisé de n’avoir pas donné meilleur ordre à des armes dont tu prétendais de sacrifier ma vie ; mais tu en recevras la punition. Çà, que l’on chante, ou tu es mort. Après cela, tu m’instruiras de l’offense que je t’ai faite.

— Je te demanderais quartier, lui répondit l’amoureuse guerrière, si je croyais que tu fusses d’humeur