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L’ŒUVRE DE P.-CORNEILLE BLESSEBOIS



N’avez-vous point remarqué quelquefois
            Les oiseaux dans les bois ?
            Des amoureuses lois
            En naissant ils font choix ;
Que si d’abord la femelle est rebelle,
Dans un instant, de son petit fidèle
      Elle écoute la douce voix.

Si dans nos cœurs par adorations
            L’amour nous recevions,
            Des petits alcyons
            La vertu nous aurions ;
Autorisés de ce dieu de la flamme,
Nous chasserions le souci de notre âme,
      Tandis que nous nous aimerions.

Rangez-vous donc, rigoureuse Philis,
            D’un cœur humble et soumis,
            Sous cet auguste fils
            De l’aimable Cypris.
Pour couronner tant de peines écloses.
Je vais cueillir sur vos lèvres cent roses,
      Et sur votre sein mille lis.

— Vous avez sans doute fait ces vers-là pour quelque ingrate, lui dit Amarante. Ma foi ! vous êtes bien de loisir de donner votre temps à de sottes fières qui se font des crimes d’un plaisir si doux et que la nature, préférable à la loi, autorise.

— Pardonnez-moi, répondit-il, c’est pour une cousine sur laquelle mon amour n’a point droit d’aubaine ; mais vous avez plus de part aux deux couplets que