Page:L’Œuvre de P.-C. Blessebois, 1921.djvu/147

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

133
LE RUT OU LA PUDEUR ÉTEINTE


Il était enrichi de deux hardis c....lons,
Et pour vous témoigner qu’il était admirable,
C’est qu’il était allé comme les papillons.
Trois fois, sans dé..ner, il réchauffa la sauce.
Et la belle endormie ouvrit alors les yeux ;
« Méchant, s’écria-t-elle, amant malicieux,
            Puisqu’aujourd’hui l’amour t’exauce,
            Dis-moi, n’aurais-tu pas fait mieux
De me donner ma part d’un bien si précieux ?
Que ne m’éveillais-tu, cette douceur est fausse ;
Toi, ne m’approche plus, sommeil pernicieux ! »


« Le fortuné pasteur, qui s’était attendu à de cruels reproches, fut extrêmement joyeux de connaître que Mlle Vente ne désapprouvait pas sa témérité, et pour lui témoigner combien il méritait l’honneur de son estime, il recommença ses caresses, pendant qu’il en recevait à son tour qui lui persuadèrent qu’il ne serait pas vu de mauvais œil toutes les fois qu’il reviendrait à la charge. »

Céladon en était là de l’histoire de M. de la Madelaine et de Mlle Vente, lorsqu’il vit entrer Boisblés avec Amarante. Il se leva pour aller recevoir ses civilités, et reçut un contentement extrême d’apprendre de sa bouche qu’il lui venait compter quatre mille francs. Il était tout à fait propre de l’habit que lui avait donné Marcelle, et Boisblés lui dit autant de douceurs que s’il avait été amoureux :

« Je suis ravi, dit-il, de vous voir en liberté, si toutefois on le peut être avec Amarante ; je me figure que