Page:L’Œuvre de P.-C. Blessebois, 1921.djvu/148

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

134
L’ŒUVRE DE P.-CORNEILLE BLESSEBOIS


ses traits divins ne vous feront pas si bon quartier que vos ennemis et que vous serez plus longtemps son prisonnier que vous n’avez été le leur. » Il lui disait cela afin de l’obliger, car il le connaissait assez pour ne pas lui imputer la sottise d’aimer Amarante, en qui il n’aurait rien vu de supportable si elle n’avait point eu de pistoles. Aussi Céladon l’en remercia en particulier et lui offrit ses services à la pareille. Les compliments cessés de part et d’autre, l’argent se compta sur la table et fut mis entre les mains de Céladon après que le notaire qu’ils avaient emmené avec eux eut fait son devoir. Céladon arrêta Boisblés avec lui à souper, et lui fit si bonne chère qu’il ne ramena pas sa raison au logis. Après qu’il s’en fut allé, nos amants se mirent au lit, où Amarante s’endormit sans coup férir, car le nectar, qui s’était emparé des sens de son camarade, l’avait rendu impuissant de faire l’assaut vénérien ; mais elle n’en perdit que l’attente, et le point du jour venu, qui étend les membres les plus glacés, elle reçut au double la portion différée et souhaitable.


            Lui qui b...e comme un ânon
Et qui chevaucherait la plus laide guenon,
            Quand l’or enflamme sa poitrine,
Se trouvant redevable à sa vieille Cyprine
De quatre mille francs reçus et bien comptés,
La branla vertement toute la matinée,
            De même que l’après-dînée,
Jusqu’à ce que tous deux ils fussent ef..tés.