Page:L’Œuvre de P.-C. Blessebois, 1921.djvu/151

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LE RUT OU LA PUDEUR ÉTEINTE


autant appréhensibles qu’agréables à la vue. Je ne savais pas pourquoi la jument de mon cousin, que je ne suis pas près de lui renvoyer, ne pouvait souffrir votre bel impuissant, ni d’où venait qu’elle lui rue ainsi le c.l, mais j’en suis maintenant bien instruite, et j’approuve fort son indignation. »

Céladon se trouva fort joliment diverti par cette gentillesse, et pour tomber dans le sens d’Amarante : « Il est vrai, reprit-il, que les couillons lui manquent et qu’il vaudrait mieux pour votre cavale qu’il eût perdu les dents de lait ; nous n’entendrions que hennissements de sa part et que petits cris de sensibilité du côté de sa maîtresse ; il tirerait un grand v.. caille de son fourreau, dont il ferait résonner les échos d’alentour par les coups dont il en frapperait son ventre et qui nous feraient passer le temps agréablement ; et elle pisserait le f..... à longs traits et d’une manière si affectionnée que leur impatience serait extrême d’arriver au gîte, pour tenir paisiblement le rut dans leur écurie. L’amour est également naturel à l’un qu’à l’autre sexe, à l’animal qu’à l’homme, et celui de ces deux-là qui s’en affranchit est indigne de la vue de sa femelle. Quant à moi, je prendrais la fuite si la nature ou la malice des hommes m’avait retranché cet instrument qui me fait valoir quelque chose auprès de vous et je me garderais bien d’allumer votre colère au déplaisir de ma présence.

— Ce serait agir en bon connaisseur de mes incli-