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L’ŒUVRE DE P.-CORNEILLE BLESSEBOIS


une bonne heure qu’elle dormait, lorsqu’un certain jeune homme, friand des douceurs du changement, et séduit par les amorces que La Serre lui avait faites de dépuceler un tendron, se glissa légèrement à ses côtés. Il était si bouillant et si vigoureux qu’il avait déjà fait cela une fois quand Amarante s’éveilla. Elle, qui crut que c’était Céladon, lui fit mille caresses et n’oublia rien de ce que le marquis de Courcelles, qui était un homme de cour et qui ne baise pas comme les autres gens du monde, lui avait appris, afin de réparer l’injure qu’elle croyait lui avoir faite par ses soupçons et pour l’engager à la répétition.

La nuit se passa en saucuplètes, et, le jour étant venu, Amarante porta les yeux sur l’obligeante personne qui avait si bien secouru sa langueur ; mais voyant que ce n’était pas Céladon :

— Ah ! dieux ! s’écria-t-elle, comment cela s’est-il fait ?…

— Cela s’est fait, interrompit l’écuyer nocturne, que son cri avait éveillé, cela s’est fait avec un v... qui ne le cède pas à un v... du monde, ni en grosseur, ni en longueur, et que les plus grandes ardeurs de mon printemps n’ont jamais pu tarir. Si ce v... là vous accommode, ne pleurez point celui que vous avez perdu. » Alors il lui apprit la tromperie de Céladon et lui en fit le discours avec tant de grâce et si sincèrement, selon l’apparence, qu’Amarante, après avoir un peu gémi son argent, se résolut à porter le plus