Page:L’Œuvre de P.-C. Blessebois, 1921.djvu/167

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LE RUT OU LA PUDEUR ÉTEINTE


constamment qu’elle pourrait la bizarrerie de sa destinée.

La Serre, qui avait été bien payée, ne manqua pas de se rendre à leur lit de bon matin, et après avoir embrassé Amarante :

— Ma fille, me dit-elle, ne t’afflige point ; Céladon t’a quittée, mais tu ne manqueras ici de rien et tu y recevras plus de coups de v... en un jour qu’il ne t’en aurait donné en toute une année.

Cette promesse étouffa le ressentiment qu’elle avait de sa supercherie, et les effets qui répondirent aux paroles les lièrent d’une amitié plus grande que la manière de leur c.....

Amarante ne pouvait toutefois oublier Céladon. Je ne sais pas de quelle flèche cet amour l’avait percée, mais sa blessure était incurable. Un jour, ayant appris qu’il y avait une fameuse magicienne dans le faubourg Saint-Germain, elle s’y en fut, et après lui avoir donné deux louis :

« Ma bonne, lui dit-elle, si votre vertu s’étend jusqu’à me pouvoir ramener un volage amant qui s’est enfui du servage que mes libéralités lui avaient dressé, je vous promets que je n’en serai pas ingrate et je vous réduirai aux termes de bénir l’heure où vous m’aurez servie. » Combien que l’habile magicienne lût dans l’avenir en gros caractères qu’elle n’en tirerait jamais davantage, elle était obligeante et recevait avec plaisir le sujet qu’on lui offrait à signaler les effets de son art.