Page:L’Œuvre de P.-C. Blessebois, 1921.djvu/172

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L’ŒUVRE DE P.-CORNEILLE BLESSEBOIS


beau ! baron, lui dit-il ; cela n’en est pas ; votre franchise est extrême, mais votre confiance passe les limites. » Le baron de Samoi eut de la douleur de cette résistance, mais il ne désespéra pas de pouvoir la vaincre.

Il en allait venir à des offres avantageuses, lorsque Amarante entra. Céladon fut ému de courroux à son aspect, et peut-être qu’il lui allait faire descendre les degrés à coup de pied au cul, quand cette garce, se jetant à ses genoux et fondant en larmes :

— Mon cher Céladon, lui dit-elle, ne vous emportez pas contre moi, je vous prie ; c’est mon cousin Le Hayer qui vous a joué cette pièce et qui prétend que vous répariez, en m’épousant, l’affront que vous avez répandu sur la famille, en ravissant mon honneur :


      — Quoi ! putain, s’écria l’emporté Céladon,
            Tu viens me demander pardon
      En me faisant une injure nouvelle !
      Ah ! quelle audace ! ah ! quelle erreur !
            Toi qui ne fus jamais pucelle,
            J’ai, dis-tu, ravi ton honneur !
            N’est-tu pas cette même gueuse
            Qui ne saurait s’en abstenir,
Et qui, dedans les flancs de ta mère f..teuse,
            Foutais avecque l’avenir ?
De quoi m’entretient donc ta langue mensongère ?
C’est, dis-tu, Le Hayer qui me fait arrêter.
            Le diable vous puisse emporter !