Page:L’Œuvre de P.-C. Blessebois, 1921.djvu/176

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

162
L’ŒUVRE DE P.-CORNEILLE BLESSEBOIS


Céladon l’approuve ; car je te proteste que si tu l’enconnes, nous n’aurons eu rien de commun.

— Je m’en doute bien, répondit La Graverie, et cette méthode postérieure, que vous m’appreniez avant que j’eusse le poil follet, vous est de meilleur goût que la naturelle ; vous n’avez jamais eu de domestique qui n’en pût bien servir de témoin, s’il en était bien nécessaire, et le monde ne s’étonnerait pas tant qu’il fait de ce que vous n’avez point laissé tant d’héritiers, si on lui apprenait que vous ne chevauchâtes jamais la défunte que par la rotonde. » Amarante et le baron de Samoi, qui devaient rougir à ces mots, n’en firent qu’augmenter leur enjouement, et Céladon, qui voulait rire aussi, dit à Amarante que rien ne la devait retenir, et que s’il arrivait qu’il fût condamné à l’épouser, il n’en serait ni plus ni moins cocu pour avoir été connue de deux personnes qui ne faisaient rien sur un si grand nombre de rivaux. « Vous avez raison, répondit-elle, et puisque vous refusez de me donner ce dont je ne saurais me passer, je ne suis pas d’avis de le refuser de monsieur. » Ainsi le baron se leva de sur le lit, et son frère, remplissant la place, fit en présence des éclaireurs des courses incroyables sur les terres d’Amarante.


            Jamais v.. ne fit son devoir
            D’une façon si chatouillante,