Page:L’Œuvre de P.-C. Blessebois, 1921.djvu/178

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L’ŒUVRE DE P.-CORNEILLE BLESSEBOIS


le service de mes amis, en arborant une figure sacerdotale. »

Céladon avait trop d’intérêt à la proposition du baron de Samoi pour y demeurer muet. Il témoigna à Amarante le ridicule abus où elle était de croire qu’elle pût forcer à l’épouser un jeune homme qui pouvait passer pour son fils, et dont elle n’avait pas seulement une promesse manuelle. Il lui jura de plus que, quand même il se verrait dans le choix, ou de l’épouser ou d’embrasser la mort, il ne balancerait pas à recourir à cette dernière, après toutefois qu’il la lui aurait donnée à elle-même, pour prix de son impudence.

La Graverie, qui, par les yeux de sa débauche, ne voyait rien de difficile à avaler, fit des protestations d’amour et de correspondance à sa rage, qui lui plurent tant qu’enfin Céladon fut banni pour un jour de son cœur. Ainsi, après la collation qui fut servie par le commandement de Céladon, et où fut appelé le plus grand cocu du monde, le concierge de Fort-l’Évêque, Amarante, qui s’était enivrée et qui, d’ailleurs avait goûté la remontrance que lui venait de faire Céladon, consentit à être mariée dans la chambre du baron de Samoi, par lui-même. Il n’eut pas grand’peine à trouver un habit décent. Il y avait, de l’autre côté, un prêtre qu’une légère indisposition tenait au lit : il prit sa soutane et, comme il était chauve par la partie de l’occiput, il n’eut qu’à lever