Page:L’Œuvre de P.-C. Blessebois, 1921.djvu/208

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

194
L’ŒUVRE DE P.-CORNEILLE BLESSEBOIS

Dès qu’il eut reconnu que tout son plaisir était de passer ses journées entières dans les repas et dans le jeu, il le traita assez souvent, fit plusieurs parties de jeu, et se rendit si nécessaire auprès de lui qu’il ne pouvait rester un moment sans le voir. Le temps des vendanges arriva où chacun a coutume de se retirer à la campagne. Schelicon proposa à Anthonin de le suivre. Ce parti favorisait trop son amour pour le refuser ; ils partirent avec Lupanie et allèrent respirer le doux air des champs.

Anthonin ne fut pas sitôt arrivé qu’il résolut de prendre son temps pour découvrir son amour à Lupanie, et, après avoir manqué plusieurs fois son coup, comme un jour Schelicon dormait après le dîner, il la fut trouver sous une grande allée d’arbres où elle rêvait seule, en prenant le frais. Il ne manqua pas de profiter d’une si belle occasion pour lui découvrir son amour, lui dit tout ce qu’un cœur peut concevoir de tendre et de passionné, et fut si heureux dans cette conversation qu’on lui donna lieu de tout espérer, aussi bien que dans les autres. Mais comme il est fort prompt, il ne s’en tint pas là, il voulut savoir jusqu’où son bonheur pouvait aller ; la connaissance qu’il avait de son esprit intéressé lui fit hasarder une lettre conçue en ces termes :