Page:L’Œuvre de P.-C. Blessebois, 1921.djvu/211

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HISTOIRE AMOUREUSE DE CE TEMPS


parle d’amour et prétend suborner ma vertu. Vous ne le croiriez jamais, si la lettre que je vais vous mettre entre les mains n’en était une preuve irréprochable. »

En cessant de parler, elle fouille tantôt dans une poche, tantôt dans l’autre, sort ce qui était dans les deux, cherche dans sa jupe, la détache, s’impatiente de ne la pouvoir trouver, lorsque Schelicon, dissipant son premier soupçon, la lui présente sans mot dire.

— Quoi ! lui dit-elle, vous êtes donc de concert à me jouer et il vous en a donné copie ?

— Non, lui répliqua-t-il en se radoucissant, c’est la même que vous avez perdue, à ce que je puis comprendre, et que j’ai trouvée dans cette chambre.

— Eh bien ! qu’en dites-vous ? reprit-elle. Qui n’aurait été trompé par cet hypocrite, qui semble n’oser presque lever les yeux sur une femme ? Si vous m’en voulez croire, pour le punir de son audace, nous le jouerons.

Elle lui proposa ensuite un moyen de s’en divertir, qui était de souffrir qu’elle reçût ses cajoleries, répondît assez obligeamment, lui donnât des rendez-vous, reçût son argent sous de belles espérances et le trompât ainsi.

Schelicon, se reposant entièrement sur sa vertu et sur tout ce qu’elle lui venait de dire, consentit tout ce qu’elle voulut, et, afin de lui donner la liberté de commencer dès ce même soir ce petit jeu, il sortit de