Page:L’Œuvre de P.-C. Blessebois, 1921.djvu/219

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HISTOIRE AMOUREUSE DE CE TEMPS


sirs de l’amour ? Vraiment, vous y êtes bien novice. Ce ne sont là que les peines, et si vous aviez le cœur tant soit peu touché de cette passion, vous jugeriez de la douceur de ses plaisirs par la violence des mots que vous dites. Je veux vous apprendre, par comparaison, où vous trouverez les véritables et solides plaisirs de l’amour.

— Vous le pouvez, répartait-il, madame, en m’aimant, et, par là, vous rendrez mon bonheur sans égal.

— Pour ce que vous me demandez, répliquait-elle, ce vous est une chose assurée, mais…

— Ne raillez pas et n’insultez pas davantage, lui répartit-il en l’interrompant brusquement, au malheur d’un misérable, puisque c’est vous seule qui le faites, et si vous n’avez pas la compassion de soulager mes maux, du moins n’ayez pas la cruauté de les aigrir.

Ils finirent cet entretien sans conclusion aussi bien que les autres, et Lupanie, fort aigrie contre son amant, résolut de lui montrer une autre fois, par démonstration, ce qu’il n’avait pu comprendre autrement. Mais comme elle n’avait l’occasion de le voir que très rarement, et que cela retardait ses desseins, elle imagina un moyen pour le recevoir plus librement dans sa chambre, qui fut de faire entendre à son mari que si elle souffrait quelquefois sa conversation, que ce n’était que par politique, et que, comme il était