Page:L’Œuvre de P.-C. Blessebois, 1921.djvu/226

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L’ŒUVRE DE P.-CORNEILLE BLESSEBOIS


et des soupirs amoureux ; il la serre entre ses bras, lui fait sentir quelque chose le long de la cuisse de fort pressant ; il passe sa main par une ouverture de sa jupe, la porte sur un lieu tout humide et, voyant que le sang commençait à sortir de la victime sans le couteau, il le plonge avec un coup tremblant le plus avant qu’il peut. Lupanie, qui n’avait rien osé dire, crainte que son amant ne vînt encore à la servir d’un respect hors de saison, voyant qu’il ne pouvait plus s’en dégager, lui tint ce discours entrecoupé, en le repoussant mollement et en l’élevant sur ses bras :

— Ne prétendez que je souffre que vous en fassiez davantage… Ah !… ah !… je sens qu’il entre !… Retirez-vous, je vous prie, je n’ai plus de force. Si tous tardez un moment je ne pourrai jamais vous résister. Tout beau ! tout beau ! Mon mari n’a jamais été jusque-là… Ne… ne… ne… poussez donc pas si avant… je vous en conjure, mon cher… Que vous me faites du mal ! Arrêtez pour un moment, vous me mettez hors de moi ; je n’en puis plus… je me meurs !

Elle cessa ainsi de parler en tirant un grand soupir du profond de son cœur et en ouvrant les bras, qu’elle laissa négligemment tomber sur le chevet ; et, après s’être essuyée, elle se leva de dessus le lit et se mit dans un côté de la chambre, les bras et la tête appuyés sur un fauteuil, son mouchoir devant les yeux et feignant, en cet état, de pleurer et de jeter