Page:L’Œuvre de P.-C. Blessebois, 1921.djvu/228

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

214
L’ŒUVRE DE P.-CORNEILLE BLESSEBOIS


feinte douleur cessa, et l’invitant à travailler sur nouveaux frais, elle y consentit en lui disant qu’il n’y avait rien que le premier coup de cher, que tout le reste ne coûtait rien, et qu’elle prévoyait bien que jamais elle ne pourrait se dégager de l’attachement qu’elle venait de prendre pour lui. Enfin, pour conclusion, cherchant de nouveaux ragoûts et voulant profiter de rester cette nuit avec elle, lui disant que le plaisir était bien plus grand quand le corps d’un amant était dans sa dernière nudité.

Mais à peine la partie était-elle conclue que son mari arriva. Tout ce qu’elle put faire fut de cacher Nicaise dans un cabinet et de lui dire de ne pas s’impatienter, puisque son arrivée ne rompait pas leur dessein et qu’il avait coutume, après le souper, de retourner dans une maison de campagne, à une lieue de Pottamie, pour y coucher, ne s’en pouvant dispenser à raison de quelques affaires domestiques qu’il y avait.

Mais la chose n’arriva pas pourtant comme elle l’avait dit, car Schelicon, étant fort fatigué, lui fit connaître qu’il ne pouvait pas y retourner ce même soir et qu’il s’en consolait, puisqu’il passerait la nuit avec elle plus agréablement. Tout ce qu’elle put faire, quand elle eut appris le dessein de son mari, fut de se dérober de lui un moment pour venir avertir Nicaise. Elle lui cria promptement, de la porte, de sortir avec le moins de bruit qu’il pourrait, et, sans