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L’ŒUVRE DE P.-CORNEILLE BLESSEBOIS


            Ont un renard pour leur devise ;
On a peine à duper une corneille grise. »

Cette apparence de bonne humeur où elle me vit lui donna la liberté de renouveler ses impertinentes prières et de me promettre des montagnes d’or dans l’avenir, si je voulais la rendre invisible et lui faciliter les moyens de venir effrayer le marquis dans son lit, lui reprocher son inconstance, et le menacer d’un trouble continuel s’il ne satisfaisait à la promesse qui lui avait été faite de l’épouser, après qu’il aurait employé toutes ses forces pour faire rompre son premier mariage.

            — Cessez de vous tromper vous-même,
            Lui dis-je d’un ton sérieux ;
            J’atteste la terre et les cieux
Que je ne connais point le dieu qui fait qu’on aime
            Autre part que dans vos beaux yeux.
            Employez leur pouvoir suprême,
            Ils vous serviront beaucoup mieux :
            Ce sont les maîtres de ces lieux.

— Ah ! que vous faites longtemps le fin, répondit-elle ; il vous est avis que nous ne savons pas bien que quand vous étiez sur les galères de France vous ne subsistiez que des revenus du commerce que vous entreteniez avec l’Ange noir ? Néanmoins, tous ceux qui en sont revenus avec vous nous ont si bien fait votre éloge que nous ne croyons point de merveilles