Page:L’Œuvre de P.-C. Blessebois, 1921.djvu/247

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LE ZOMBI DU GRAND-PÉROU


au-dessus de votre pouvoir. Je ne vous demande que la grâce de me rendre invisible pour une seule nuit ; aurez-vous la dureté de refuser à une jeune femme que vous trouvez parfois jolie, et serai-je donc la seule amante infortunée qui ne jouira point du bénéfice de vos sublimes connaissances ? Hé ! monsieur de C....., faites quelque chose pour moi, et…

            — C’en est assez, interrompis-je,
            Votre mauvais destin m’afflige ;
      Nous y pourrons remédier un jour.
            Je veux feuilleter tous mes titres,
            Qui sont divisés par chapitres,
Et si j’ai quelque droit d’empire sur l’amour,
Le marquis du Pérou reverra votre cour.
Cependant, enfilez promptement la venelle,
            Le bonhomme La Forest vient.
Si ce vieux espion, dont la haine immortelle
            Sans cesse de vous s’entretient,
      Nous allait voir jaser de compagnie,
Il en ferait aussi jaser la calomnie.
Et, comme vous savez, le marquis est jaloux ;
      Un moucheron lui donne de l’ombrage :
Il veut, quoiqu’il soit fou, que vous paraissiez sage.
            C’est donc pourquoi retirez-vous.
            Laissez-moi faire, filez doux ;
J’ai de l’expérience, ainsi que de l’usage,
Et le ciel l’aime bien s’il peut parer mes coups.

La comtesse de Cocagne obéit, et j’eus beaucoup de joie de m’en être défait à si bon marché. Peut-être