Page:L’Œuvre de P.-C. Blessebois, 1921.djvu/249

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

235
LE ZOMBI DU GRAND-PÉROU


            Je le reçus facilement,
Et sa joie en parut d’abord sur son visage,
            Il me servit utilement,
Car il fait assez bien un mauvais personnage.

Trois jours s’écoulèrent sans que le Zombi prétendu revînt à la charge, et le soir du quatrième je rencontrai la comtesse auprès de la vieille sucrerie du marquis, qui venait me faire de nouvelles supplications de lui montrer un essai de ma sombre doctrine. Nous avions un peu trempé la croûte ; elle s’en aperçut bien et sut adroitement profiter de l’occasion. Voyant donc que je me faisais un peu tirer l’oreille, mais que ma résistance était faible, elle me baisa d’une manière si tendre et si touchante que toute ma fierté s’évanouit et que je lui donnai toutes les marques qu’elle voulut de ma complaisance.

            Que ne peut un tendre baiser
            Sur un cœur un peu susceptible ?
Ce gage précieux fait tenter l’impossible :
            Il fait tout faire et tout oser.

Il y avait longtemps que nous avions soupé quand Son Altesse Iroise et moi nous allâmes nous coucher dans la chambre haute, où l’engagé du marquis tremblait la fièvre. Le bonhomme La Forest était resté en bas et avait fermé sur nous la porte du magasin, et je crois que personne ne dormait encore quand la comtesse de Cocagne entra par la porte de derrière,