Page:L’Œuvre de P.-C. Blessebois, 1921.djvu/253

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LE ZOMBI DU GRAND-PÉROU


et il n’y avait rien de plus propre que lui ; il répondait même avec assez de grâce à tous les personnages que je lui faisais faire ; mais il était si transporté de joie d’avoir remonté sur sa bête que cet endroit de lui qui n’est pas grand’chose faisait souvent le Zombi et se rendait véritablement invisible toutes les fois qu’on lui demandait un peu de vigueur. Néanmoins, la comtesse eut la discrétion de ne s’en plaindre qu’à moi, et je l’en consolai facilement par la permission que je lui donnai de retourner, porter la frayeur chez les hôtes du Grand-Pérou. Cette nuit-là, le prince étranger n’y était pas ; mais son petit-neveu remplissait sa place dans ma chambre, et M. de La Croix était couché en bas, à côté du bonhomme La Forest, et tout dormait, excepté moi, quand la comtesse, infatuée de son invisibilité prétendue, vint rôder à l’entour du palais avec un appareil mieux imaginé de beaucoup que la première fois et qui, sans mentir, avait quelque chose d’épouvantable. Je descendis pour la recevoir, et je ne savais bonnement par où je la ferais entrer dans la chambre du bonhomme La Forest, à cause qu’il en avait fermé toutes les portes à la clef, lorsque, apercevant une lampe allumée par une fenêtre qui était entr’ouverte : « Laissez-moi faire, me dit-elle. Voilà justement mon chemin tout fait, et vous allez voir que je suis propre à quelque chose de plus que ce que j’apprends. »