Page:L’Œuvre de P.-C. Blessebois, 1921.djvu/256

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

242
L’ŒUVRE DE P.-CORNEILLE BLESSEBOIS


laisser mourir. J’en écrivis à la belle pour sonder le fond de son cœur seulement, et elle me fit une réponse si passionnée que je connus aisément que si je voulais achever de me rendre un sot parfait en toutes mes parties, et je n’avais qu’à lui tendre la main et à recevoir la sienne.

            Encor que je sois laid et vieux
Ma proposition lui parut agréable,
Et ne la regardant que par l’endroit aimable,
            Elle en rendit grâces aux dieux
            Comme d’un bien venu des cieux.
            Jamais la laideur ne l’empêche
            De se mêler avec quelqu’un :
            Elle est comme celui qui pêche
            Et qui rit quand il en prend un.

            Ô toi qui liras cet ouvrage,
            Si tu trouvais dans ton passage
            Cette mère de mon péché,
            Certes, tu serais bien fâché
            Si tu fuyais son badinage.
            Elle aurait cent jolis détours
            Pour t’allumer de ses amours.
            C’en est la dangereuse source.
            Garde-toi de ses appétits
            Et rencontre plutôt une ourse
            Dont on a ravi les petits.

Nous fûmes déjeuner chez elle, le prince étranger et moi. « Bonjour, le bel esprit, lui dis-je en la