Page:L’Œuvre de P.-C. Blessebois, 1921.djvu/263

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LE ZOMBI DU GRAND-PÉROU


assez que vous la fassiez un peu languir en l’approchant quelquefois du feu, ou en lui donnant quelques coups d’épingle dans les fesses, quand elle parlera contre votre amour à son fils ; car, si la fureur vous allait emporter et que vous la jetassiez dans le feu, ou que vous vinssiez à lui percer la cervelle, la mère du marquis mourrait au même instant ; et que deviendraient nos âmes ? Vous pouvez aussi l’empêcher de tomber de l’eau et la priver de ses autres nécessités aussi longtemps qu’il vous plaira, en fermant l’un ou l’autre de leurs conduits naturels avec une petite cheville de cire commune ; mais, encore un coup, madame, soyez discrète et ne me réduisez point aux termes de me repentir d’une obéissance si aveugle. — Non, non, monsieur de C…, interrompit-elle brusquement, ne craignez rien, dormez en assurance et croyez que je mets ma colère dans de si bons fers qu’elle n’en sort que par ma permission. Mais, ajouta-t-elle, je vous avais demandé deux images et vous ne m’en avez apporté qu’une ; songez donc à faire l’autre et venez demain avec le prince étranger manger des têtards que je ferai pêcher par mes nègres. »

            Sa prière était inutile,
Je ne penchais que trop à ne la quitter pas ;
Elle avait si bien pris mon cœur dans ses appas
Et si bien allumé mon amoureuse bile