Page:L’Œuvre de P.-C. Blessebois, 1921.djvu/269

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LE ZOMBI DU GRAND-PÉROU


L’engagé dénicha légèrement, et nous tînmes le conseil avec plus de prudence que nous n’en sommes naturellement capables. Nous avions fait partie, le prince étranger et moi, d’aller à la rivière à Gouïaves ; la comtesse de Cocagne m’avait prêté un cheval, il en avait un, mais il lui manquait une selle, et nous allâmes au Grand-Pérou afin d’en emprunter une. J’entrai franchement, et le marquis, qui était couché au bas, me fit toutes les caresses imaginables ; mais sa jalousie ne me disait pas ce qu’elle en pensait. Il ne parla point au prince, et Son Altesse Iroise ne lui dit rien non plus. Après quelques discours indifférents : « Je n’ai pas la clef de votre chambre, me dit-il ; mon économe l’a mise dans sa poche. Vous le pouvez appeler, il est dans les cases de mes esclaves. — Non, marquis, lui répondis-je, je vous rends grâces ; mon dessein n’est pas de me reposer ; nous avons lié partie, Son Altesse et moi, et nous monterons à cheval dans un moment, s’il vous plaît de nous prêter une selle qui nous manque. »

            Exiger le moindre service
            D’un homme que l’on rend jaloux,
Ce n’est pas le moyen de calmer son courroux,
            C’est un grand excès d’injustice.

Comme j’achevais de lui faire cette prière, son engagé, qui avait eu l’ordre d’épier notre conduite, lui vint dire à l’oreille que la comtesse de Cocagne