Page:L’Œuvre de P.-C. Blessebois, 1921.djvu/277

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LE ZOMBI DU GRAND-PÉROU


            Quand un peu rentré dans moi-même,
            Je découvre mon mauvais fruit,
            Je suis comme un enfant la nuit
            Qui voit un spectre pâle et blême,
            Je suis plus agité cent fois
            Que les vertes feuilles d’un bois
            Battu du souffle de Borée.
            Mais, hélas ! un moment après,
            La girouette est revirée,
            Je songe à de nouveaux apprêts.

Je me hâtais tellement de m’éloigner de cette folle, pour rire à mon aise de sa facilité, que je tombai de tout mon long dans la rivière. Je rencontrai le fermier du comte de Bellemontre sous la case à bagaces du marquis du Grand-Pérou ; il était pour le moins aussi gris que moi. Je lui contai mon naufrage et lui conseillai de prendre garde à lui, et ensuite je pris la croupe du cheval du vicomte du Carbet, qui me conduisit chez son neveu. Je leur fis un récit fidèle de ce qui s’était passé entre la comtesse de Cocagne et moi ; mais ils crurent que je leur en donnais à garder et n’en firent point de compte. Le baron du Mérigot me donna son hamac et fut se coucher dans un lit qui est dans leur salle, malgré son oncle qui voulait l’emmener au Carbet. La mère du baron eut aussi la bonté de se relever pour me donner du linge, car je faisais pitié, et le froid m’avait transi. Je dormis comme une marmotte, et il y avait, je crois, plus de