Page:L’Œuvre de P.-C. Blessebois, 1921.djvu/278

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

264
L’ŒUVRE DE P.-CORNEILLE BLESSEBOIS


trois heures que j’étais couché, quand le vicomte du Carbet revint encore prier son neveu d’aller avec lui. Ils s’évanouirent en un clin d’œil, et la mère du baron descendit dans ma chambre et causa fort longtemps avec moi. Elle se plaignait que son frère débauchait son fils, et témoignait beaucoup de chagrin de les voir aller courir le guilledou à une heure indue et presque tout nus. Elle aurait parlé toute la nuit, mais je m’endormais dans mes réponses, et sa charité ne lui permit pas de me priver plus longtemps d’un repos dont j’avais un besoin extrême. Le soleil était déjà levé que j’étais encore au lit, et je m’habillais lentement, quand le nègre du vicomte du Carbet vint chez la mère du baron du Marigot quérir les habits de son fils et un cheval pour l’aller quérir. Un moment après, j’allai chez le chevalier de la Cabesse-Terre, où je trouvai le prince étranger qui achetait une grosse de gants, et qui m’en donna une paire. Nous bûmes de l’eau-de-vie et j’obligeai Son Altesse Iroise à venir avec moi chez la mère du baron, pour montrer aux jeunes demoiselles à faire de la frange d’or et d’argent. Il m’apprit en chemin qu’il avait déjà rendu visite à la comtesse de Cocagne, et qu’elle lui avait dit que j’étais un trompeur ; qu’au lieu de la faire aller en esprit épouvanter les peuples du Marigot, comme je lui avais promis, j’avais fait venir des Zombis autour d’elle, qui lui avaient fait mille espiègleries, et qu’elle n’avait plus envie de m’aimer ; que