Page:L’Œuvre de P.-C. Blessebois, 1921.djvu/283

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

269
LE ZOMBI DU GRAND-PÉROU


la conversation roula sur les Zombis du Grand-Pérou et sur l’aventure de la nuit passée. Elle demeura d’accord d’avoir fait l’esprit ; mais elle nia qu’elle eût été maltraitée et vomit mille imprécations contre ceux qui faisaient courir de telles impostures.

            Bien que couverte d’infamie,
            Elle soutint avec hauteur
            Que la sagesse était sa sœur
            Et la prudence son amie.
            Ainsi, parfois un assassin,
            Prend la robe de capucin
            Pour mieux jouer son personnage ;
            Ainsi, le plus souvent je lis
            Qu’une louve court au carnage
            Couverte de peau de brebis.

Je crois que l’on n’a jamais tant ri chez le baron du Marigot que l’on y rit cette matinée ; chacun de nous avait ses raisons pour rire, et si je n’eusse pas eu mon dessein formé de partir pour la Basse-Terre, je m’imagine que la curieuse comtesse m’aurait nouvellement prié de la rendre invisible, car elle ne se souvenait déjà plus de la peine qu’elle avait soufferte, et les épines de ce commencement de notre intrigue lui donnaient envie d’en venir aux roses qu’elle se figurait dans sa fin ; mais j’avais un cheval arrêté, et je ne pouvais différer mon voyage sans courir risque de le faire à pied, ce qui m’aurait été une grande fatigue. La comtesse de Cocagne, qui ne pouvait con-