Page:L’Œuvre de P.-C. Blessebois, 1921.djvu/291

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LE ZOMBI DU GRAND-PÉROU


Car sans doute le ciel donnera des limites
            À la cruauté des méchants.
Je l’avoue, il est vrai, j’ai baisé la comtesse,
Tout le monde le sait, jusqu’aux petits enfants,
            C’est un effet de ma faiblesse,
Mais l’amour fait tomber jusques aux éléphants ;
Et pour vous dire tout et ne vous tenir guerre,
Qu’ai-je fait que n’ait fait toute l’île entière ?

— Il est vrai, reprit Florimond, que la comtesse de Cocagne est le plastron public, et que personne ne se morfond à sa porte ; mais ne vous y trompez point, monsieur de C..., ce n’est pas pour avoir mordu à la grappe que l’on vous menace de la mort ; on met au jour tous les effets de la magie qui vous ont couronné chez le petit dieu des cœurs, et vous ne mourriez pas innocent si tout ce que l’on dit était véritable.

            Pour rendre vos maux plus énormes,
            On les décrit diversement :
            Celui-ci jure fortement
Que la comtesse prend par jour diverses formes ;
            Qu’un soir il la vit en taureau
            Qui fendait le cristal de l’eau
            Pour passer dans votre savane,
            Et qu’à quatre ou cinq pas de là
            Elle se convertit en âne,
Et que d’un ton mortel cet âne lui parla ;
            Mais son cœur fut saisi de crainte,
            Et, tout prêt à s’évanouir,